Nous sommes quatre joueurs à la recherche d’un système de règles napoléoniennes, et Bataille Empire V2 fait partie des systèmes qui nous intéressent sérieusement.
Un point nous fait toutefois hésiter concernant l’armée russe de 1812-1814 :
La ligne russe régulière est-elle bien systématiquement Mauvais tireur ?
L’artillerie russe reçoit-elle également Mauvais tireur ?
Si oui, quelle est la justification historique et/ou ludique de ce malus permanent au tir appliqué à la ligne russe régulière, alors que des troupes françaises ou prussiennes comparables ne semblent pas recevoir le même traitement ?
L’explication par les pertes et les remplacements de 1812-1813 nous semblerait difficile à comprendre comme caractéristique nationale : cela paraît plutôt relever de la qualité ou de l’expérience des unités, et la France de 1813 connaît elle aussi de très importantes pertes et incorpore massivement de nouvelles recrues sans, sauf erreur de notre part, recevoir pour autant un malus national permanent au tir.
Cela soulève également pour nous une question plus générale sur la capacité du système à reproduire Borodino. On y voit deux armées aux effectifs sensiblement comparables s’affronter dans une bataille rangée où les échanges de mousqueterie comme les duels d’artillerie jouent un rôle majeur, sans que ces combats ne fassent apparaître une infériorité massive et systématique de l’efficacité du feu russe par rapport au feu français.
Comment reproduire correctement un tel affrontement si, à qualité d’unité comparable, l’armée russe cumule un malus permanent au tir de l’infanterie, un malus similaire pour son artillerie et, dans certaines listes, une proportion importante de miliciens ?
À budget et effectifs comparables, ces handicaps semblent mécaniquement transformer l’armée russe en adversaire structurellement inférieur, alors que Borodino constitue justement un exemple où les deux armées ont pu s’affronter pendant toute une journée sans victoire française écrasante.
Est-ce donc un choix de conception destiné à représenter un aspect particulier de la doctrine ou de l’entraînement russes ? Et si oui, sur quelles sources ou considérations historiques repose-t-il, et par quels mécanismes du jeu ces handicaps sont-ils compensés afin de permettre de reproduire une bataille comme Borodino ?
C’est un point assez important pour nous dans le choix de notre future règle, car nous cherchons notamment un système où les différences nationales ne remplacent pas les différences de qualité entre unités.
Merci par avance pour vos éclairages.